Chapitre 16 : Pratiques pour la récitation du Rosaire
Le Rosaire
Le Rosaire se compose de quinze dizaines d'Ave, avec un Pater au commencement de chaque dizaine. En les récitant, l'âme médite sur les principaux mystères de la vie et de la mort de Notre-Seigneur et de la très sainte Vierge. L'Église regarde ces Pater et ces Ave comme autant de roses qui forment une gracieuse couronne offerte à la Reine du Ciel. De là, le nom de Rosaire dont le chapelet est la troisième partie.
On dit que dans les premiers temps, les Congréganistes étaient tenus, en certaines localités, de faire partie de la confrérie du Rosaire. Cet usage, qui ne fut pas universel, ne tarda pas à disparaître ; mais quelque chose en est resté, l'invariable attachement que les Congrégations ont conservé pour le saint Rosaire. La récitation, soit du Rosaire soit du Chapelet, est recommandée aux Congréganistes ; leurs Manuels exposent des méthodes pour les réciter avec fruit ; et il est peu de dévotions dont les Directeurs des Enfants de Marie aiment à s'inspirer avec autant de sollicitude : « entrez, disent-ils, chères enfants, Entrez dans le Rosarium, dans ce parterre planté de roses, d'un prix infini, roses mystiques, nées dans le Paradis, transportées à Nazareth par un Ange, cultivées avec soin dans le jardin spirituel de l'Église ; roses de l'Ave Maria, fleurs d'amour, délices du ciel et de la terre. Cueillez ces roses, enchaînez les unes aux autres ces Ave Maria, faites-en un diadème que vos lèvres fidèles renouvelleront tous les jours ; jamais couronne plus belle, plus fraîche, plus suave, n'aura paré le front de la Reine du Ciel. »
Lorsqu'on ne récite pas le Rosaire tout entier chaque jour, on peut distribuer comme il suit les mystères durant la semaine : le lundi et le jeudi, on contemple les mystères joyeux ; le mardi et le vendredi, les mystères douloureux ; le mercredi, le samedi et le dimanche, les mystères glorieux.
Voici les mystères avec leurs fruits correspondants :
Mystères joyeux, douloureux et glorieux
MYSTÈRES JOYEUX.
L'Annonciation de la très sainte Vierge. — L'humilité.
La Visitation de la très sainte Vierge. — La charité fraternelle.
La Nativité de Notre-Seigneur. — Le détachement.
La Purification de la très sainte Vierge. — La pureté.
Le recouvrement de Jésus au Temple. — L'obéissance.
MYSTÈRES DOULOUREUX.
L'Agonie de Notre-Seigneur. — La haine du péché. La résignation.
La Flagellation de Notre-Seigneur. — La mortification des sens.
Le Couronnement d'épines. — L'amour des humiliations.
Le Portement de la Croix. — La force d'âme.
Le Crucifiement. — Le pardon des ennemis, l'amour de la souffrance.
MYSTÈRES GLORIEUX.
La Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ. — La Foi.
L'Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ. — L'Espérance.
La descente du Saint-Esprit. — La Charité, le zèle.
L'Assomption de la très sainte Vierge. — La dévotion à Marie.
Le Couronnement de Marie. — La persévérance.
L'écueil de cette dévotion, c'est la monotonie qui résulte du retour inévitable des mêmes prières ; on l'évite par la variété des fruits à recueillir, et par celle des intentions.
Intentions pour chaque dizaine
Récitez les dizaines attachées aux mystères joyeux pour les infidèles, pour les mères chrétiennes, pour les enfants, pour ceux qui enseignent.
Les dizaines de mystères douloureux pour les âmes tentées, pour les pécheurs endurcis, pour ceux qui gouvernent, pour ceux qui souffrent, pour les agonisants.
Les dizaines de mystères glorieux, pour les incrédules, pour les Religieux, pour la sainte Église, pour les fidèles trépassés, pour la France.
Vous pouvez attacher à chaque dizaine le souvenir d'une personne en particulier, ou celui d'une grâce à obtenir. Enfin, si vous l'aimez mieux, faites avec votre chapelet un voyage spirituel, le tour du monde, par exemple, en déposant dans les stations les plus aimées l'aumône de votre prière. C'était la pratique de la vénérable Marie de l'Incarnation, religieuse Ursuline, qui finit par s'en aller elle-même de son couvent de Tours, en la Nouvelle-France, où si souvent elle était descendue sur les ailes de sa prière.
Méthode de récitation
On peut aussi se servir d'une méthode que nous empruntons aux anciens manuels de Congrégation.
Après avoir fait le signe de la Croix, pour vous placer en présence de la Sainte Trinité, dont vous nommez les trois personnes, vous baisez avec amour la Croix de votre chapelet, comme pour vous unir au divin Rédempteur, et aspirer de ses plaies adorables la grâce et le salut qui y sont renfermés.
Dites ensuite votre Je crois en Dieu avec les sentiments d'une foi vive et le premier Notre Père avec une tendre confiance. Vous placerez ensuite dans les trois Je vous salue, Marie, après les mots Jésus le fruit de vos entrailles est béni, une courte doxologie ainsi conçue :
Gloire au Père qui nous a créés ;
Gloire au Fils qui nous a rachetés ;
Gloire au Saint-Esprit qui nous a sanctifiés.
On nomme ensuite dans chaque dizaine le mystère correspondant.
Dizaines des mystères joyeux
MYSTÈRES JOYEUX.
Première dizaine. — Je vous salue, Marie... et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni, que vous avez conçu en demeurant Vierge. Sainte Marie, etc.
Deuxième dizaine. — Que vous avez porté en visitant Élisabeth.
Troisième dizaine. — Que vous avez mis au monde en demeurant Vierge.
Quatrième dizaine. — Que vous avez présenté au Temple.
Cinquième dizaine. — Que vous avez retrouvé dans le Temple.
Dizaines des mystères douloureux
MYSTÈRES DOULOUREUX.
Première dizaine. — Je vous salue, Marie... et Jésus le fruit de vos entrailles est béni. Qui pour nous a sué du sang. Sainte Marie, etc.
Deuxième dizaine. — Qui pour nous a été flagellé.
Troisième dizaine. — Qui a été couronné d'épines.
Quatrième dizaine. — Qui pour nous a porté sa croix.
Cinquième dizaine. — Qui pour nous a été crucifié.
Dizaines des mystères glorieux et conclusion
MYSTÈRES GLORIEUX.
Première dizaine. — Je vous salue, Marie... et Jésus le fruit de vos entrailles est béni. Qui est ressuscité des morts. Sainte Marie, etc.
Deuxième dizaine. — Qui est monté aux cieux.
Troisième dizaine. — Qui a envoyé le Saint-Esprit.
Quatrième dizaine. — Qui vous a élevée dans les cieux.
Cinquième dizaine. — Qui vous a couronnée dans les cieux.
On termine chaque dizaine en récitant le Gloire au Père, c'est aussi une louable coutume de réciter après le Chapelet les Litanies de la Sainte Vierge.